En bref
- Avec un taux fixe, la mensualité ne change jamais ; avec un taux variable, elle suit un indice de référence (souvent l’Euribor) plus une marge fixée par la banque ; le variable capé est plafonné dès la signature.
- Pour 200 000 € sur 20 ans à 3,5 %, la mensualité est de 1 159,92 € : si, après 5 ans, le taux passait à 5,5 % sur le capital restant, elle monterait à 1 325,74 €, soit 165,82 € de plus par mois pendant 15 ans.
- La question utile n’est pas « lequel est le moins cher », mais de combien votre mensualité peut monter avant que le budget du logement ne souffre.
Les différences, en bref
- Fixe : le taux est fixé à la signature et reste le même pendant toute la durée. Vous savez dès le début ce que vous paierez, mais vous ne profitez pas d’une baisse des taux, sauf à renégocier.
- Variable : le taux suit un indice de référence, souvent l’Euribor, plus une marge qui reste fixe. La mensualité, ou la durée selon le contrat, bouge avec l’indice : elle baisse s’il baisse, monte s’il monte.
- Variable capé : comme le variable, mais le taux ne peut pas dépasser un plafond défini à la signature. C’est le compromis entre fixe et variable, avec une sécurité en plus.
Le calcul qui compte : de combien la mensualité peut monter
Prenez 200 000 € sur 20 ans. À 3,5 %, la mensualité hors assurance est de 1 159,92 € et vous payez 78 380,66 € d’intérêts en tout. Avec le même taux pendant 20 ans, à 4,5 % elle serait de 1 265,30 €, à 5,5 % de 1 375,77 €.
Avec un taux variable, le taux change en route. Si après 5 ans il passait de 3,5 % à 5,5 %, sur le capital restant, environ 162 253,15 €, la mensualité passerait de 1 159,92 € à environ 1 325,74 € : 165,82 € de plus chaque mois, pendant 15 ans. Avec un plafond de 1 point de hausse, elle ne dépasserait pas 1 241,23 €. Selon le contrat, c’est la mensualité ou la durée qui s’ajuste.
Au 3e trimestre 2026, selon la Banque de France, le taux effectif moyen des crédits immobiliers était de 3,51 % pour un prêt à taux fixe de 10 à moins de 20 ans, de 4,05 % pour 20 ans et plus, et de 4,14 % pour un taux variable. Ces taux incluent assurance et frais : ils servent de repère, pas de promesse.
Le calculCalculateur de crédit immobilierCinq questions à vous poser
- Quelle marge avez-vous ? Les banques appliquent la décision du Haut Conseil de stabilité financière : un taux d’effort (charges d’emprunt sur revenus) de 35 % au plus et une durée de 25 ans au plus, avec une marge de dérogation de 20 % de leur production trimestrielle. Plus vous êtes près de la limite, moins vous avez de place pour une mensualité qui monte.
- Quelle est la durée du prêt ? Sur 20 ou 25 ans, les taux peuvent beaucoup changer : le risque du variable dure autant que le prêt.
- Combien coûte la tranquillité aujourd’hui ? Si le fixe coûte à peine plus cher que le variable, vous payez peu pour dormir tranquille. Au 3e trimestre 2026, la moyenne du variable (4,14 %) était même plus haute que celle du fixe à 20 ans et plus (4,05 %) : comparez les offres réelles.
- Vos revenus peuvent-ils monter ou baisser ? Des revenus qui montent absorbent mieux une mensualité qui monte ; des revenus incertains, bien moins.
- Pensez-vous rembourser ou revendre tôt ? Alors vous êtes moins longtemps exposé aux variations. Mais regardez l’indemnité de remboursement anticipé : au plus 6 mois d’intérêts sur le capital remboursé, sans dépasser 3 % du capital restant dû (Code de la consommation, art. L313-47) ; rien n’est dû si la vente suit un changement du lieu d’activité professionnelle.
Comment comparer les offres
Regardez le TAEG, pas seulement le taux nominal : il inclut intérêts, frais de dossier, garantie et assurance obligatoire, et sert à comparer deux offres. Il ne peut pas dépasser le taux de l’usure, que la Banque de France publie chaque trimestre : à partir du 1er octobre 2026, 5,40 % pour un prêt à taux fixe de 20 ans et plus, 5,52 % pour un taux variable. Avec un taux variable, le TAEG n’est qu’indicatif, puisque le taux changera.
Avant de signer, la banque doit vous remettre la fiche d’information standardisée européenne (FISE), puis l’offre de prêt, que vous ne pouvez accepter qu’après 10 jours. Avec un taux variable, regardez l’indice utilisé, la marge, la fréquence de révision et le plafond éventuel ; avec un taux fixe, vérifiez qu’il l’est vraiment pour toute la durée. L’assurance emprunteur est libre : vous pouvez la choisir ailleurs et en changer.
La checklistAcheter un logement : la checklistCe n’est pas un choix pour toujours
Vous pouvez demander à la banque de renégocier le taux, ou changer de banque en rachetant le crédit : la nouvelle banque doit vous accepter, et le taux sera celui du marché du moment. Mettez en face les indemnités de remboursement anticipé, les frais de dossier et de garantie.
Ce sont des sorties, pas des garanties : c’est pourquoi il vaut mieux choisir en pensant au pire cas que vous pouvez supporter, pas au meilleur.
Sources
- Banque de France : taux d’usure du 4e trimestre 2026 et taux effectifs moyens du 3e trimestre
- Banque de France : le taux de l’usure
- HCSF : mesure relative à l’octroi de crédits immobiliers (décision D-HCSF-2021-7)
- Code de la consommation, art. L313-47 : le remboursement anticipé, Légifrance
Texte vérifié le 12 octobre 2026