En bref
- L’ARE est l’allocation chômage de ceux qui perdent leur emploi sans l’avoir voulu : licenciement, fin de CDD, rupture conventionnelle. Il faut avoir travaillé au moins 130 jours ou 910 heures, soit environ 6 mois, dans les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), et s’inscrire à France Travail dans les 12 mois.
- L’allocation est de 57 % du salaire journalier de référence, ou de 40,4 % plus 13,18 € par jour si c’est plus favorable, avec un minimum de 32,13 € par jour. Elle dure les jours de la période travaillée × 0,75, de 182 à 548 jours avant 55 ans. Elle n’a pas été revalorisée au 1er juillet 2026.
- Elle ne démarre pas à la fin du contrat : il y a d’abord des différés (congés payés non pris, indemnités de rupture supérieures à la loi) et 7 jours d’attente.
Qui a droit à l’ARE
Il faut être inscrit comme demandeur d’emploi, être involontairement privé d’emploi, physiquement apte et à la recherche effective et permanente d’un emploi (Unédic). La fin du contrat doit être un licenciement, la fin d’un CDD ou d’une mission, une rupture conventionnelle ou une démission considérée comme légitime.
Côté travail : au moins 130 jours travaillés ou 910 heures, pas forcément continus, dans les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans). Les saisonniers et les personnes qui s’inscrivent pour la première fois n’ont besoin que de 108 jours ou 758 heures.
Combien vous touchez
L’ARE est une allocation par jour, versée chaque mois sur la base de 30 jours. Elle part du salaire journalier de référence (SJR) : les salaires bruts de la période de référence, primes comprises, divisés par les jours calendaires de cette période. L’allocation est la plus favorable de 40,4 % du SJR plus 13,18 € ou de 57 % du SJR, avec un minimum de 32,13 € et au plus 75 % du SJR.
Avec 2 500 € bruts par mois sur 24 mois, le SJR est de 82,19 € et l’allocation de 46,85 € par jour, soit 1 405,50 € par mois. Les allocations n’ont pas été revalorisées au 1er juillet 2026 : les montants de juillet 2025 restent valables. Avant 55 ans, une allocation de plus de 92,57 € par jour (un salaire brut d’environ 4 940 € par mois) baisse de 30 % à partir du 7ᵉ mois, sans passer sous 92,57 €.
Ces montants sont bruts : France Travail retient la CSG et la CRDS quand l’allocation dépasse 61 € par jour et 3 % du SJR de participation à la retraite complémentaire.
Le calculCalculateur d’allocation chômage (ARE)Combien de temps
La durée est le nombre de jours calendaires entre le premier jour du premier contrat et la fin du dernier, dans les 24 derniers mois (36 mois à partir de 55 ans), multiplié par 0,75 depuis 2023. Elle ne peut pas être inférieure à 182 jours, soit 6 mois, et ne peut pas dépasser 548 jours avant 55 ans, 685 jours à 55 et 56 ans et 822 jours à partir de 57 ans.
Pour une rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat tombe à partir du 1er septembre 2026, la durée maximale est de 15 mois avant 55 ans (456 jours) et de 20,5 mois à partir de 55 ans (624 jours). À partir de 55 ans, on peut demander à France Travail une prolongation.
Quand ça démarre
L’indemnisation commence après deux différés possibles et un délai d’attente. Le différé congés payés est l’indemnité compensatrice de congés payés divisée par le SJR, au plus 30 jours. Le différé spécifique vient des indemnités de rupture supérieures au minimum légal, divisées par un diviseur que l’Unédic indexe chaque année (109,6 au 1er janvier 2025) : au plus 150 jours, 75 en cas de licenciement économique. Puis 7 jours d’attente.
Exemple de l’Unédic : fin de contrat le 30 juillet, 646 € de congés payés pour un SJR de 38 €, 460 € d’indemnités au-dessus du minimum légal : 17 jours + 4 jours + 7 jours d’attente, soit 28 jours. L’indemnisation commence le 28 août.
S’inscrire à France Travail
Il faut s’inscrire dans les 12 mois qui suivent la fin du contrat de travail, en ligne sur francetravail.fr. L’employeur doit tenir à votre disposition le certificat de travail, le solde de tout compte et l’attestation France Travail, dès la fin du contrat (Service Public) .
Pour toucher l’allocation, il faut chercher un emploi de façon effective, dans le cadre d’un contrat d’engagement établi avec un conseiller : refuser deux offres raisonnables, oublier une convocation ou ne faire aucun effort de recherche expose à une radiation ou à une réduction de l’allocation.
Démission, mutuelle et autres cas
La démission n’ouvre en principe pas de droit, sauf si elle est considérée comme légitime (suivre un conjoint muté, par exemple), ou pour un projet de reconversion validé.
La complémentaire santé et la prévoyance de l’entreprise continuent jusqu’à 12 mois après la fin du contrat (sans dépasser la durée du dernier contrat) si vous y aviez adhéré, si la rupture n’est pas une faute lourde et si vous êtes indemnisé : c’est la portabilité (Code de la sécurité sociale, art. L911-8). Il faut justifier de votre indemnisation auprès de l’organisme.
Sources
- Unédic — Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : conditions, calcul, durée, différés (fiche mise à jour le 5 octobre 2026)
- Unédic — Allocations d’assurance chômage : pas de revalorisation au 1er juillet 2026
- Unédic — Assurance chômage : ce qui change le 1er septembre 2026
- France Travail — Ai-je droit à l’allocation chômage (ARE) ?
- France Travail — Protection sociale complémentaire : la portabilité des droits
- Service Public — Fin de contrat : documents à remettre au salarié
Texte vérifié le 6 octobre 2026