En bref
- L’épargne de précaution, c’est l’argent pour les imprévus : une dépense que vous n’attendiez pas, quelques mois sans salaire, un client qui ne paie pas.
- L’AMF recommande de 2 à 6 mois de revenus, selon la situation. Avec 2 000 € de dépenses par mois et un CDI, le calcul propose 3 mois, soit 6 000 €.
- On la garde là où vous pouvez la retirer en quelques jours et sans perte : ce n’est pas un placement, c’est ce qui permet de ne pas toucher aux placements.
À quoi elle sert
Elle sert à ne pas vous endetter, et à ne pas vendre des placements au mauvais moment, quand arrive une dépense que vous n’aviez pas comptée : le frigo, le dentiste, la voiture, quelques mois sans revenu.
Ce n’est pas la cagnotte des vacances ni celle du changement de voiture : ce sont des objectifs, qui se planifient à part. L’épargne de précaution est le filet sous tout le reste, et l’AMF la présente comme un prérequis avant de se lancer dans d’autres placements. Si vous perdez votre emploi, vous pouvez avoir droit à l’allocation chômage, une aide temporaire : elle aide, mais ne couvre pas les imprévus qui ne sont pas un licenciement.
Combien : les bons mois pour vous
On part des dépenses essentielles d’un mois : loyer ou mensualité du crédit, factures, nourriture, transports, crédits en cours, assurances. Restent dehors les choses que vous pouvez suspendre, comme les restaurants et les abonnements.
Ensuite on les multiplie par les mois d’épargne. Il n’y a pas de loi. L’AMF recommande de 2 à 6 mois de revenus, selon la situation (salarié, indépendant, retraité…) et le nombre de personnes au foyer. Le calcul utilise cette règle pratique, à l’intérieur de cette fourchette :
- 3 mois avec un revenu stable (CDI, fonctionnaire) ;
- 5 mois avec un CDD, de l’intérim ou un contrat court ;
- 6 mois si vous êtes indépendant, micro-entrepreneur ou avec des revenus variables, parce que le revenu change d’un mois à l’autre et que cotisations et impôts arrivent à dates fixes ;
- 1 mois de plus si un seul revenu entre à la maison, jusqu’au maximum de 6.
L’exemple : 6 000 € en 20 mois
Dépenses essentielles de 2 000 € par mois et un CDI : 3 mois, objectif de 6 000 €. Vous avez déjà 1 000 € de côté, il manque 5 000 €. En mettant 250 € de côté par mois, il faut 20 mois : en partant de septembre 2026, vous y arrivez en mai 2028. Avec un CDD, l’objectif serait de 10 000 € et vous y arriveriez en 36 mois.
Cela paraît long, mais l’épargne commence à travailler tout de suite : en quelques mois, le premier petit imprévu est déjà couvert. Et chaque rentrée en plus que vous mettez de côté raccourcit le chemin.
Comment y arriver sans bousculer le mois
- Comptez les dépenses essentielles avec les relevés des trois derniers mois, pas de tête : de tête, on en oublie presque toujours.
- Choisissez une somme que vous tenez aussi les mois durs et faites-la partir toute seule, avec un virement automatique le lendemain du versement du salaire.
- Ajoutez une part des rentrées exceptionnelles : prime, intéressement ou participation, remboursement d’impôt, 13e mois.
- Quand vous atteignez l’objectif, arrêtez : à partir de là, l’épargne va aux autres projets.
Où la garder
Trois choses comptent : l’argent doit être disponible en quelques jours, ne pas perdre de valeur et coûter peu. L’AMF cite les livrets réglementés — Livret A, LDDS, LEP — parce qu’ils sont garantis, sans frais et disponibles à tout moment. Aucun produit recommandé : voici ce qu’il faut vérifier.
- Les taux et les plafonds : selon Service Public au 1er août 2026, le Livret A et le LDDS rapportent 1,7 % (plafonds de 22 950 € et de 12 000 € pour une personne physique) et le LEP 2,50 % (plafond de 10 000 €, sous condition de revenus). Les taux sont fixés par l’État et peuvent changer.
- L’impôt : les intérêts des livrets réglementés ne sont pas imposables. Ceux des autres livrets le sont, en principe au prélèvement forfaitaire unique : 12,8 % d’impôt plus les prélèvements sociaux, qui passent à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026.
- La garantie : le FGDR garantit les dépôts jusqu’à 100 000 € par client et par établissement bancaire.
- Les taux promotionnels : l’AMF prévient qu’ils sont limités le plus souvent à quelques mois et retombent ensuite à des niveaux beaucoup moins attractifs.
- Pas en actions, en fonds ou en autres placements qui peuvent baisser juste quand vous avez besoin de l’argent.
Quand elle est prête
L’épargne se maintient : vous la revoyez une fois par an, parce qu’avec l’inflation les dépenses montent. En septembre 2026, selon l’estimation provisoire de l’Insee, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an, après 2,4 % en août : plus que les 1,7 % du Livret A, et au-dessus de l’objectif de 2 % de la BCE. Après l’avoir utilisée, vous la reconstituez, avec la même somme par mois. L’avoir séparée du compte du quotidien aide à ne pas la dépenser sans s’en rendre compte.
Ce que vous mettez de côté au-delà de l’épargne de précaution est une autre histoire : là comptent les intérêts composés.
La checklistÉpargne de précaution, pas à pasSources
- AMF — Se constituer une épargne de précaution (décembre 2023) : de 2 à 6 mois de revenus, livrets réglementés garantis, sans frais et disponibles à tout moment
- Service Public — Livret A : taux de 1,7 % et plafond de 22 950 € pour une personne physique
- Service Public — Livret de développement durable et solidaire (LDDS)
- Service Public — Livret d’épargne populaire (LEP)
- Service Public — Impôt sur le revenu : revenus d’épargne et de placement (livrets réglementés exonérés, PFU, prélèvements sociaux à 18,6 % depuis le 1er janvier 2026)
- FGDR — Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution : jusqu’à 100 000 € par client et par établissement bancaire
- Insee — En septembre 2026, les prix à la consommation augmenteraient de 3,0 % sur un an (Informations rapides n° 242)
- BCE — Décisions de politique monétaire du 10 septembre 2026 : l’objectif d’inflation de 2 %
Texte vérifié le 5 octobre 2026